La vidéosurveillance ne fait plus débat en France

3 Français sur 4 se disent favorables au «développement des caméras dans les centre-ville, dans les transports et dans les lieux publics», selon une étude menée par l’institut BVA sur le thème « Les Français et la sécurité » parue sur LeFigaro.fr. Ainsi, la vidéosurveillance ne semble plus faire débat.

“Il y a encore une décennie, dès que l’on abordait cette épineuse question, la France était scindée en deux entre ceux qui prônaient plus de sécurité et leurs adversaires qui invoquaient le respect de la vie privée”, souligne BVA. Qui ajoute : Aujourd’hui, les chiffres indiquent qu’il n’y a plus débat dans l’opinion, où il est rare d’arriver à un tel niveau de consensus. Même les sympathisants de gauche, dans leur majorité, sont acquis à cette idée”

 

Les Français sont désormais d’accord sur un point : la vidéosurveillance,  dans les lieux publics, doit essentiellement servir à lutter contre la délinquance ou le terrorisme.

C’est justement la principale et la meilleure alliée des enquêteurs.

Preuve en sont la rapidité et l’efficacité avec lesquelles le FBI a mis hors d’état de nuire les 2 frères responsables des attentats du marathon de Boston aux USA le 15 avril dernier. Identifier des suspects potentiels en épluchant les images et vidéos prises dans les heures qui ont précédé la double explosion, c’est ainsi qu’ont travaillé, semble-t-il, les enquêteurs qui ont pu très vite diffuser les photos des premières preuves liées aux attentats grâce notamment à une caméra de surveillance d’un magasin.

Certaines utilisations de la vidéosurveillance sont, en revanche, rejetées par une majorité des Français, en particulier sur le lieu de travail. Mais sur 935 000 caméras répertoriées en France, seuls 35 000 dispositifs concernent la vidéosurveillance au travail. (source : CNIL)

Ainsi, pour les Français, la vidéosurveillance doit plus « protéger » que « surveiller ». D’ailleurs selon la loi du 14 mars 2011, dite LOPPSI 2, on parle davantage de vidéoprotection que de vidéosurveillance.

 

Un Londonien passe 300 fois par jour sous l’œil d’une caméra

A titre de comparaison, le Royaume-Uni est l’endroit d’Europe le plus surveillé par des caméras et Londres est réputée pour être la ville où la vidéosurveillance est la plus importante. La municipalité de Londres et Scotland Yard gèrent plus de 10 000 caméras pour lutter contre la criminalité (sans compter les équipements installés dans les magasins ou les immeubles privés). Ainsi, un Londonien passe, en moyenne, 300 fois par jour sous l’œil d’une caméra ! 

En France, soulignons que la réglementation sur la vidéosurveillance est très précise et étroitement contrôlée par la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés). Par exemple, les particuliers ne peuvent filmer que l’intérieur de leur propriété et il est interdit de filmer la voie publique même pour surveiller son véhicule. Au travail, le système de vidéosurveillance ne doit pas être utilisé pour s’assurer que le personnel fait correctement son travail mais seulement dans le but de prévenir un vol ou de protéger la clientèle et le personnel d’un magasin.

Seuls le coût et l’efficacité de la vidéosurveillance peuvent faire encore débat. Mais d’une part, les progrès de l’électronique et l’émergence des objets connectés et de la domotique ont permis de faire chuter les prix et de rendre accessible aux particuliers, commerçants, professionnels indépendants, et PMI/PME, les systèmes de vidéo protection, comme les gammes Avidsen et Thomson, disponibles dans les grandes surfaces de bricolage. D’autre part, la vidéosurveillance n’a pas pour unique vocation de confondre les auteurs d’un vol ou d’un crime mais surtout un rôle essentiel de dissuasion.

Or, impossible de dénombrer précisément les cambriolages évités chez les professionnels et les particuliers du simple fait de la présence d’une ou de plusieurs caméras de surveillance ! Et pourtant… D’ailleurs, pour les pouvoirs publics, la vidéo-protection est devenue un outil indispensable dans la prévention de la délinquance. Son développement constitue même une « priorité » à l’heure actuelle, suivant les recommandations du Comité de Pilotage Stratégique pour le développement de la vidéo protection.

La vidéosurveillance, pas plus intrusive qu’une carte bancaire ou un smartphone

La vidéosurveillance apparaît de plus en plus comme un bouc-émissaire un peu facile aujourd’hui. Reconnaissons le, elle n’est pas plus intrusive qu’une carte bancaire ou un smartphone susceptibles de communiquer nos données personnelles et intimes jusqu’à notre géolocalisation en temps réel. Que ce soit pour une carte bancaire, un smartphone ou une caméra de vidéosurveillance, ce qui importe c’est la façon dont on se sert de la technologie. C’est donc bien l’être humain qui est en cause et non pas l’objet et les applications qu’il peut lui offrir. Il y a quelques années encore, des Cassandres prédisaient le pire avec le boom des jeux vidéo, de la téléphonie mobile ou de l’Internet arguant une perte de sociabilité. Certes, il y aura toujours des cas rares et extrêmes où les limites seront franchies mais en règle générale la société a appris à dompter les nouvelles technologies sans tomber dans les travers d’un régime liberticide, totalitaire et asocial. Utilisation raisonnée et respect de l’individu, voici les maitres mots dans l’usage de toute technologie.

Si on a toujours eu coutume de dire que la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, avec les nouvelles technologies et notamment la vidéosurveillance, la liberté des uns continue de coexister harmonieusement avec la liberté des autres tant qu’il y aura des lois pour encadrer leurs utilisations et qu’elles seront respectées.

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